Blanc Murmure

Un air d’inattendu

Un récit imaginé avec les habitants pour permettre aux cyclistes ou aux promeneurs de s’évader. Projet multidimensionnels, prenez le temps de vous poser, de vous reposer et de lire cette nouvelle aventure.

Ce projet a été conçu et réalisé :

par l’équipe du Centre d’Expression et de Créativité Blanc Murmure :
Boris Grégoire, Eugénio Furino et Muriel Loth
L’atelier écriture a été mené par Christian Ducarreau (Slamour)

Avec les participants :

Julia Agudo Wlodaz
Gregório Etringer De Carvalho
Martin Lecoutere
Sandra Weisen

Merci à Gregório pour l’arrangement musical, à Sharif Ahmadi et Ehsan Nazari pour leur participation durant le montage.

L’AVION – Julia Agudo Wlodaz

Ah non, non, nous n’avons pas le temps, nous n’avons plus le temps !
C’en est fini des voitures tirées par deux, quatre, six ou huit chevaux ;
aujourd’hui elles en ont des centaines, ça va beaucoup plus vite !
Et des voyages qui durent une semaine, un mois... alors qu’on peut relier
Paris et New York en moins de dix heures ?
Désormais est arrivée la rentabilité. Rentabiliser le temps est une priorité, et ça,
nous mettons tout en œuvre pour le faire. Il faut courir, courir toujours plus vite aprèsle temps qui passe. Parce que le temps n’attend pas, il est notre ennemi, et il faut le rattraper.
Alors cours, cours ! Cours plus vite ou tu vas perdre du temps !
Oh non, ne surtout pas perdre de temps... car le temps, c’est de l’argent.
Nous avons oublié les paysages qui défilent, les personnes croisées sur la route,
toutes ces découvertes que nous offre le voyage.
Nous rêvons de téléportation : il faut être à un endroit, et y être le plus vite possible.
Nous n’avons plus le temps de voyager. Toutes ces découvertes, nous les avons troquées contre un peu plus de temps, un peu plus d’argent.
Et si on profitait plutôt du voyage ?

LA FAMILLE - Martin Lecoutere

Ne perd pas l'fil
Même en famille, fils ou fille,
Pas si facile De suivre le fil
Avoir, matin et soir, Pieds et mains liés,
sommes-nous fous ou alliés ?
Hésiter, à s'engager Hors de la mine de nos racines
Pourtant si fragiles, pas si agiles.
Honnêteté et vérité, En toute amitié, la familiarité reste la clé.
Intimement liés, hyperconnectés, doux ravers, éveillés dormeurs,
Comment continuer, alors que disparaissent les derniers?
S'en aller, voyager, Fuir pour ne point ouïr,
Déconnexions, reconnexions,
Superficielles racines, mais si réelles imagine!
Temporaires, mais extraordinaires.
Ne laisse pas taire ton imaginaire.
Sur cette Terre, ne nous laissons pas faire.
Finalement y croire, voir une lueur d'espoir,
Savoir prendre le temps, d'aimer tout autant.
Rester, s'enraciner, cette fois pour de vrai, en toute liberté.
La mort comme mot d'or, la vie qui retentit.
Une vraie naissance, une renaissance,
une seule grand famille, dont chaque fourmi brill.

LA MAISON – Christian Ducarreau

Être à la maison...
Ce n'est pas une question d'être propriétaire d'une immense maison super cool
Ce sentiment indécent d'être puissant avec une immense piscine
Être à la maison, c'est plus facile et beaucoup plus simple que tu ne penses, imbécile
Cette sensation d'être heureux un instant comme un enfant qui joue,
comme un oiseau qui vole.
Être à la maison au coin d'une rue, regarder le ciel et parfois pleurer
Être humain sans le sou avec les mains sales, les yeux troublés, assoiffé et affamé
Regarder les passants et se sentir bizarrement seul, invisible caché sous un dôme
Se perdre dans ses rêves, se réveiller sur un trottoir mais se sentir vivant chez soi ...

At home ...
That's not a question of being the owner of a huge house super cool
That indescent feeling of being powerful with a huge swimmingpool
At home, That's easier and much more simple than you think fool
That sensation to be happy just a minute like a child 's playing, like a bird 's flying
Being at home in the corner of a street, watching the sky and sometimes crying
Human being penniless with dirty hands, troubled eyes, thirsty and starving
Watching the passers-by and feeling weirdly lonely, invisible as under a dome
Getting lost in dreams, waking up on a sidewalk but feeling alive at home ...

LA VACHE – Sandra Weisen

L'addition s'il vous plait !
Quand nous étions enfants, on nous retrouvait avec une liste de courses et quelques francs devant notre petite épicerie. Le choix était suffisant, aimant et délicieux.
Le sac remplit de pleins de petits trésors. A l'heure actuelle, il nous faudrait presque
des œillères à gauche et à droite, tant on est bombardé de promo, de choses inutiles et
d'un choix énorme. La tête a le tourni de ne pas savoir choisir entre les tomates italiennes, belges... grandes ou petites. De ne pas savoir si on aimerait manger du lapin, de la vache,
de l'alligator, de l'autruche ou du cochon.
Le caddy est remplit à gogo et en le quittant, le supermarché est pourtant encore archicomblé de marchandises. Puis on a les larmes aux yeux en regardant la facture.
Arrivé à la maison, on se pose la question : « Qu'est-ce qu'on va manger ? »
Tout ces aliments présents là en sachant qu'on manque de temps. Il restera même un peu de place pour nourrir notre chère boite à ordures remplies du gaspillage de nos douceurs.

Dei 3 Saachen
Freiher bass de mam Portemonni voller Frangstecker an d'Épicerie um Eck gaangen an konns alles fannen waats du gebraucht hues. Hautesdaags hätt een besser matt Scheiklappen duerch Rayoen ze trëpplen. Vu lenks a riets gess de bombardeiert matt Promoen, matt emmer nees neien Saachen dei esou lackeleg klengen obwuels de se eigentlech net brauchs. E riesegen Choix vun Uebst a Gemeis anstatt mech dodrob ze konzentreiren wei eng Tomatenzort ech well, ass d'Auswiehl vun de Länner wou se hierkommen enorm.
Daat schlemmst ass a bleift de Fleeschrayon. Sonndes ass et emmer Bouchée à la reine gin bei der Bomi matt Fritten oder mol eng gudd Kotelett. Lo geseis de allerlee vun der Kannengchen bis hin zum Strauss bis hin zum Alligator oder der Schlaang.
De Käddi struppevoll aus dem Butteck gedreckt während een sech d'Treihnen aus den Aanwenkelen schmieren kann. Dei 3 Kommissiounen vir all daat Geld!?
Doheem ukomm, realiseiert een dann dass een Halschend net brauch an vir de Rescht och net unbedingt Zait et kennen ze geneissen. Dann gett alt nees eis Pubell gefiddert...

LE BATEAU - Gregório Etringer De Carvalho

Un voisin mais comme un frère qui était vieux pour moi, qui prenait goût et devenait presque un père pour moi, chantait toujours comme ça: «Naviguer, naviguer, naviguer, profiter
de la houle de la mer. Que la mer est si belle, mais l'envie c'est d'arriver. Peu importe la taille du bateau ou du voyage; l'envie est d'arriver, et d'arriver à bon port. Le bateau fait le même voyage, mais la route sur la mer n'est jamais au même endroit. La planche de surf
se transforme en un bateau qui n'attrape jamais la même vague. Une mer calme donne envie
à un marin de rester, mais sans amour l'envie c'est aussi d'arriver. Mer courageuse et froide,
le ciel se ferme, le capitaine a peur de ne pas arriver. Cependant, le soleil brille dans le ciel bleu et dit que cela prendra fin. La poésie du bateau est l'équilibre de la vie. Moche ou beau c'est la description de l'infini. "Naviguer, naviguer, expédier, profiter de la houle de la mer. Naviguer, naviguer, expédier, profiter de la houle de la mer Que la mer est si belle.
Mais l'envie est d'arriver."

Um vizinho irmao bem mas velho que eu, que tomou gosto e posto de ser tambem quase um pai para mim, sempre cantava assim : “Navega navega, navio, aproveite o balanco do mar. Que o mar está tao bom, mas a vontade e de chegar.” Pouco importa o tamanho do barco ou da viagem; a vontade e de chegar, e chegar bem. Barco faz mesma viagem, mas rota do mar nunca e no mesmo lugar. Prancha de surf vira barco que nunca pega a mesma onda. Mar tranquilo faz marinheiro querer ficar, mas sem amor a vontade e de chegar. Mar bravo e frio, ceu fecha, capitao tem medo de nao chegar. Porem sol brilha no ceu azul e diz que já vai findar. Poema de barco e balanco de vida. Feio ou bonito e descricao do infinito. “Navega, navega, navio, aproveite o balanco do mar Navega, navega, navio, aproveite o balanco do mar Que o mar está tao bom Mas a vontade e de chegar.”